Au bistrot avec Dominique Pagani

Pagani
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David L’Epée est allé à la rencontre du philosophe et musicologue Dominique Pagani, ami de feu Michel Clouscard et partageant sa pensée – forme de néo-marxisme aux implications dialectiques rigoureuses, connue notamment pour avoir brillamment développé la critique du libéralisme libertaire.

Se réclamant l’héritier d’une séquence historique qui s’étend de Rousseau à Lénine, Pagani, auteur d’un petit essai très dense, Féminité et communauté chez Hegel (Delga, 2010), se passionne pour ce qu’il appelle la fusion des genres, un processus artistique qu’il voit à l’œuvre dans l’histoire de la littérature et de la musique depuis la Révolution française et qu’il expose avec beaucoup de verve dans l’entretien ci-dessous.

Dans la première vidéo, Pagani évoque ses origines corses et parle de son rapport à l’Afrique (où il a passé de nombreuses années, son père travaillant dans l’administration coloniale), de ce qu’il a pu observer là-bas des pratiques de l’oralité et de l’avenir de la francophonie dans cette partie du monde après la décolonisation. Il rappelle quelques éléments de la pensée de Michel Clouscard et met en garde contre une certaine lecture contemporaine réactionnaire du philosophe marxiste, qui porte en elle une dérive puritaine. Fidèle en sa croyance au progrès, il dénonce le discours écologique qui est selon lui une manoeuvre du capitalisme actuel lui permettant de justifier le ralentissement de la croissance tout en moralisant les pays en voie de développement. Il en vient ensuite à son sujet de prédilection, l’histoire de la fusion des genres, et évoque quelques grandes figures qui lui sont chères : Rousseau, Hegel, Nerval, Nietzsche, Wagner.

Dans la seconde vidéo, il commence par parler de son fils, qui a connu son heure de gloire dans les années 1990 comme artiste hip-hop, puis il revient sur quelques épisodes des Confessions de Rousseau dans lesquels il décèle un érotisme particulier. Il compare les formes allemandes et françaises du romantisme et prend la défense de Musset, auteur majeur qui tend à tomber dans l’oubli. Il rappelle ensuite la double critique que Lénine faisait de ses successeurs potentiels (Staline et Trotski) et dont il se méfiait à juste titre, et raconte les conditions dans lesquelles le fondateur de l’URSS a découvert l’œuvre de Hegel. Pagani prend alors connaissance de la critique des Chemins de la praxis(l’ouvrage posthume de Clouscard récemment paru aux éditions Delga), rédigée par Alain de Benoist dans le dernier numéro d’Éléments, et la commente. Il évoque quelques souvenirs qu’il garde de Clouscard, se réfère au livre que son ami François de Negroni lui a consacré, et s’en prend à Philippe Sollers et à ceux qu’il appelle les post-sadiens. Il poursuit en faisant une analyse de classe de la pornographie, en dénonçant quelques mauvaises interprétations de Nietzsche et en appelant à une réhabilitation d’un romantisme bien compris. Il termine en rappelant la jeunesse révolutionnaire de Wagner et en se souvenant de la séduction que la Corse avait exercé sur Clouscard, qui avait fini par s’y établir une longue partie de l’année.

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Classé dans Entretiens, Histoire, Philosophie, Polémiques, Socialisme, Vidéos

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